Temps d’heures, sculpture de Claude Lamarche, située devant la Maison de la culture Claude-Léveillée à Montréal

Le départ de Charlie (voir article ici), dont le clic photographique était le déclic de mes Humeurs des paysages, est venu bousculer le statu quo de l’écriture de mes chroniques, et m’a fait réfléchir et élaborer une idée qui me trottait dans la tête depuis un moment.

J’apprécie beaucoup l’esprit du texte d’humeur qui me laisse une liberté de pensée, d’errance, de divagation. Je cherchais donc comment continuer en ne changeant pas la formule, mais le fond de l’histoire. Et si l’humeur demeurera vagabonde — ou buissonnière —, ce qui l’animera sera porté par une œuvre artistique, littéraire, musicale, picturale, etc. Un paysage artificiel, mais non moins marquant et essentiel à notre environnement. Toutefois, ça ne se veut pas du tout une critique, n’ayant ni les compétences ni la prétention d’estimer quoi que ce soit d’autre que la lecture très subjective de mon émotion, de mon humeur.

Pour cette première chronique d’Humeur buissonnière, étant confinée à Montréal au moment de la rédiger, et ne pouvant donc visiter musée, salle de concert ou quoi que ce soit d’autre, j’ai quand même tenté de trouver un lien avec notre espace régional. Et ce lien, en fait, se trouvait sous mon nez, à quelques rues de chez moi.

Claude Lamarche était un artiste international, un sculpteur qui fut aussi brièvement un résident du rang 4 à Saint-Jacques-le-Majeur avant de décéder prématurément en 2007 à l’âge de 54 ans. Cette sculpture intitulée Temps d’heures a été réalisée grâce à la mesure du 1 % en vertu de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement qui subventionne des œuvres qui seront installées sur les lieux d’édifices publics à travers le Québec.

J’aime beaucoup l’art public des villes et des villages, d’abord parce que, par définition, ces créations font partie de notre paysage ; on peut se les approprier, les toucher… Ici, la matière de fer, de béton et d’acier contraste avec la couleur à la cime qui fait écho aux panneaux de signalisation. Et la porte minuscule en bas, une sorte de clin d’œil, m’apparaît comme une ouverture possible vers… une marche en forêt peut-être.

Ce jour-là, le temps était gris et froid en ces temps de covid-machin-maudite-affaire, j’ai fait ma marche quotidienne sur la rue Jean-Talon, que je déserte habituellement parce que trop achalandée. Et suis allée à la rencontre d’une œuvre que je ne verrai plus de la même manière et ne cesserai de découvrir désormais. Parce que je l’ai vue et regardée, autrement. Elle appartient à un lieu, à tous, et aussi à un épisode qu’on n’est pas près d’oublier.

Dyane Raymond
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