Pierre St-Jak
Pierre St-Jak au piano à la Gamacherie
Crédit photo, Serge Giguère

Selon toute vraisemblance, nous arrivons à la fin de l’été. À chaque fois, nous n’en revenons pas. Que cela ait passé si vite. Que nous devions bientôt affronter un autre hiver. Que tout passe et que tout change. Que de rétrospection, d’anticipation, d’évidence!

Attardons-nous au pas à pas de ces trois temps. À l’éclosion frémissante des verts de juin. À la splendide plénitude de juillet, éternelle, comme une gamine de 20 ans. À la générosité et la belle beauté vacillante d’août, qui secoue bravement sa crinière large et blonde.

Les champs sont mûrs, les récoltes vont bon train, les cueillettes se terminent. On engrangera, conservera, compotera, confiturera, congèlera… On fêtera cet été 2014 comme il se doit, en apprêtant de bons bouillis, en se régalant d’épluchettes de blé d’inde, en savourant les bontés et bienfaits d’une nature dont nous aurons pris soin.

Moments épars

Pierre St-Jak est un habitant occasionnel de St-Jacques-le-Majeur. Un musicien remarquable qui a présenté Béqué Bobo, un sensationnel spectacle, à la Gamacherie de St-Norbert en juillet dernier. Parfois en tant que voisine et amie, j’ai la chance et le bonheur de l’entendre jouer du piano. En ce moment même, pendant que j’écris, ses notes se mêlent à la musique des oiseaux. Ça va bien ensemble. C’est très touchant.

Dans la forêt là-haut où je vais marcher vit un chat errant. Un matou noir et blanc plus ou moins décrépit, qui s’aventure parfois près de la maison et se fait chasser par mes trois gros minous gâtés par la vie. Je le surprends au repos dans les herbes ou avançant sur le sentier sans se douter de ma présence derrière lui, jusqu’à ce que je fasse craquer une branche. À chaque fois, je regrette de l’avoir dérangé. Comme si c’était moi l’intruse. En fait, nous avons tous les deux le droit d’être là. Il se méfie de l’humaine que je suis. Ce dont en soi, je ne peux le blâmer.

Un jour, il m’est arrivé, comme souvent, de croiser un chien sur la route. Comme c’était la première fois que nous nous rencontrions, nous nous sommes jaugés l’un l’autre, lui s’approchant en jappant, moi continuant d’avancer lentement et me présentant à lui. En général, on en reste là et continuons chacun à vivre tranquillement notre vie. Cette fois, le maître surgit et le somma de revenir vers lui. Ce que fit aussitôt l’animal soudainement terrorisé. Pourquoi à cet instant, ai-je eu plus peur de l’homme que de la bête ?

Parmi les beautés de ce présent août, il y a les anniversaires de mes amies Renelle et Patricia, que je salue de ma plus tendre affection. Car en bout de ligne, voilà ce qui dure et embellit notre vie tout au long de l’année : ces affections tendres dont nous aimons prendre soin et qui nous le rendent bien.

Dyane Raymond
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