Par Dyane Raymond et Charlie McKenzie

Aujourd’hui j’aimerais vous parler de mon ami Charlie. Il participe depuis un bon moment déjà à cette chronique en tant que photographe et inspirateur. Et je me considère privilégiée d’avoir «un» muse tel que lui et ses images pour m’aider à trouver mes mots. Car pour moi Charlie n’est pas seulement un excellent photographe, il est surtout un artiste sensible, fin, au regard tout autant amoureux que rigoureux et acéré. Il «voit» les choses, les bêtes, les êtres. C’est la qualité première d’un photographe, me direz-vous. Bien sûr, mais y’a la manière. Et c’est là que toute la valeur d’une image prend son sens. J’ai en tête une photo qu’il a prise de mon chéri, de dos, en tracteur sur le chemin Bolduc. Une photo que je ne me lasse pas d’aimer. Pas seulement parce qu’il s’agit de mon chéri, mais parce qu’elle contient une paix profonde, un détachement, une solitude heureuse où l’on sent que le modèle, inconscient de tout cela, est en harmonie pleine et entière avec le moment présent et le monde qui l’entoure. Et ce n’est pas donné à tout le monde de réussir à capter l’essence d’une âme. Qu’elle soit végétale, animale ou humaine. Il faut, je crois, avoir en soi beaucoup d’amour et de générosité.

Photo par Charlie McKenzie
Photo par Charlie McKenzie

Prenons la photo de ce mois-ci, par exemple : elle est pour moi, d’une telle pureté qu’elle touche presque au sacré. Vous trouvez que j’exagère ? Libre à vous. Moi je dis que chacun prie à sa manière.

Je connais peu Charlie, bien que je le côtoie depuis bientôt 40 ans. Il est un homme discret, certes, mais pas tant que ça. Il a ce qu’on appelle «une présence». J’ai la chance de l’avoir comme voisin et de le saluer à chaque fois que je passe devant chez lui. Dans ce signe de la main apparemment banal, il y a de la cordialité bien sûr, et aussi cette amicale affection dont nous nous entourons depuis 40 ans. Libre et sans chichi. Où on laisse à l’autre sa vie privée et ses silences. Certains nomment cela Respect. C’est un beau mot. Chargé de sens.

Comme tout un chacun je vieillis. Et viens de perdre en un temps très court, deux tendres amis.  Je pense qu’il faut exprimer l’affection, voire l’amour, que l’on ressent pour les vivants, parce que c’est bon, salvateur, vrai; et que cette simple franchise suffit à dispenser une joie essentielle.

Merci d’être là mon ami Charlie, merci de ta collaboration précieuse.

Dyane Raymond
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