Par Dyane Raymond et Charlie McKenzie

L’heure de pointe à Saint-Jacques-le-Majeur de Wolfestown. Photo par Charlie McKenzie
L’heure de pointe à Saint-Jacques-le-Majeur de Wolfestown. Photo par Charlie McKenzie

Le petit lac derrière la maison commence à se figer. Les mélèzes sont orange, frémissants. Au-delà des nuages, dans un petit village des Bois-Francs, mes amis, ma famille vivent libres, affairés, heureux. Au-delà des nuages, dans nos cœurs, dans nos consciences se livrent mille combats. Ce ne sont pas des guerres. Ce ne sont pas des massacres. Ni des horreurs proclamées effrontément du haut d’une chaire. Ce sont des pensées, des tourments, des réflexions intimes, des peines petites ou infinies, des projets de maintenant et d’avenir.

L’autre jour à la radio, j’entendais l’écrivain Yann Martel («L’Histoire de Pi») prôner l’importance du moment présent : vivre l’instant avec l’instinct de l’animal, pleinement, fébrilement, maintenant. Sans s’enfarger dans les fleurs du tapis d’un passé périmé ou dans les projections aléatoires et allégoriques de l’avenir.

Ce maintenant de tes yeux qui brillent encore au-delà de la souffrance. De ta bouche qui me parle au-delà de l’incohérence du monde. De ta main chaude que j’enferme doucement au creux des miennes. De ton amour que j’emporte partout. Dans un petit village des Bois-Francs vivent ma famille, mes amis et mes chats. Rien de tout cela ne m’appartient bien sûr. Il n’est pas question de possession quand je dis «mon» amour, «ma» chérie, «mes» minous ; c’est juste de la tendresse, de la bonté, que je veux répandre, exprimer, offrir. L’éternité d’un moment.  C’est le seul pouvoir qu’il m’importe d’atteindre. Je ne veux pas être le roi des cons dans une maison blanche, ou une méchante reine derrière un bureau ovale.

Je veux aimer, et pleurer sur la tombe du grand Cohen en chantant ses poèmes. Je veux vous dire, à vous qui me lisez, que vous faites partie de mon bonheur d’être, et qu’en tant que tel, vous m’aidez à devenir une personne plus sensible et attentive.  Jour après jour. Ici et maintenant. Bon novembre à vous.

Dyane Raymond
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