Ruisseau d'hiver
Ruisseau d’hiver par Charlie McKenzie

Par Dyane Raymond et Charlie McKenzie

Pureté et Lumière. Février offre ça, même s’il faut parfois affronter des froids et des tempêtes pour pouvoir les apprécier.

L’autre jour à la radio, un scientifique présentait son livre sur les « jeunes » vieux qui seront bientôt tous centenaires, et au-delà. Il y était par ailleurs question, développait-il, des centenaires d’aujourd’hui dont le « secret », outre les formules miracles propres à chacun, semblait être une formidable capacité de résilience. Entendons par là, la faculté de voir dans ce blanc paysage une éternité. Je veux dire, un moment si parfait qu’il devient tout ce dont on a besoin, là maintenant. Entendons par là, avoir la foi. Celle de Dieu, si on veut. Celle pour moi où se nichent les possibles, tous ces horizons vers lesquels je tends.

Quand je respire l’air pur et clair qui circule sur mon rang, j’oublie que des fous, des vulgaires, des sans génies se prennent pour le nombril du monde. La bonne nouvelle c’est que « La clé du monde n’est pas le nombril du monde. Souvent ceux qui cherchent la clé regardent le nombril. Ils s’enferment à jamais dans un puits sans fond » (Ernest Pépin, Tambour Babel).

Résilience donc. Il y a quelques années, je traversais une passe difficile, comme on dit. Et je maudissais ce mot. Ce @!#$%?& de mot qui m’obligeait à me lever le matin et à chercher une ouverture, une faille où creuser pour trouver de la lumière. Je songeais alors à mon ami Julien, dont je ne connais pas grand-chose si ce n’est une voix douce et résolue, qui lui ressemble. Il représente pour moi une force de la nature par le simple fait d’exister, d’être là avec nous. Je songeais alors à un homme nommé Lucien, qui a brièvement traversé ma vie dans un rôle-papa, mais qui est devenu l’ange gardien. Je ne crois pas en dieu, mais je crois aux anges de la résilience. Je songeais alors à mon chéri qui m’écoutait maudire et qui, dans sa grande générosité, savait en rire, entre autres. Je songeais à mes amies, qui m’épaulaient avec leur bonté.

Les chats, eux autres ? Bof, ils s’en foutaient.