En vieillissant, j’apprécie davantage la vie facile qu’engendre l’été. Cependant, quand l’hiver est si blanc et si lent, ses humeurs me comblent et me ravissent. Un ami m’écrit de Punta Cana : « Je me baigne tous les jours dans la mer… il fait chaud… le temps est couvert… »

Mon premier réflexe en ouvrant le fichier de la photo de Charlie fut de m’exclamer devant la beauté de la lumière. Y’a qu’en hiver, sans doute grâce à la blancheur de la neige, que la lumière est si… lumineuse. Sémillante, accompagnant le torrent du ruisseau qui court et court malgré le froid, sautant par-dessus la couche de glace qui tente de se former, sans pouvoir retenir les mutines cabrioles de l’eau vive.

Photo par Charlie McKenzie

On a récemment franchi le pas d’une année à l’autre. De 2018 à 2019. « Le pont a pour mission de nous faire traverser d’un bord à l’autre pour mieux continuer la route », philosophe mon amie Sophie. Les journées, les semaines, les mois, voire les années, filent à une vitesse folle ; c’est pourquoi il faut leur opposer la lenteur pour réguler le rythme, me dis-je. Notre rythme. J’en ai fait l’expérience durant les vacances des fêtes où, en me pliant à des obligations très très minimales, j’allais au petit trot de la vie. Montant la longue côte du rang 4 d’un lourd pas d’éléphante, en toute légèreté, portée par la jasette avec Ginette croisée sur la route, émue par le sourire amical de Charlotte sortie me saluer quand je tournais le coin au village, égayée par les cris espiègles des enfants en face…

« Embrasser le vide », me souhaitait Martine en guise de Bonne Année. Un vœu bienveillant. Car ne rien faire, c’est se laisser toucher par la grâce et la beauté de la lumière, du paysage, de la blancheur luxueuse de l’hiver ; se laisser imprégner du simple contentement d’une simple joie. Tantôt… tantôt, je vais cuisiner un gâteau pour les amis qui viennent souper ce soir. Ça sentira bon dans la maison.

Dyane Raymond
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