Un petit trou de lumière. Qui ne laisse voir que ce qu’il faut d’espoir pour continuer de croire en la beauté. De la vie. De l’amour. De l’autre. Quoique l’humain parfois me désarçonne. Me faire crier après par un inconnu parce que je ne suis pas dans la bonne file ou que je n’avance pas assez vite ou juste parce qu’il est mal élevé est quelque chose que je ne comprendrai jamais.

On entend beaucoup, sur les lieux de travail comme dans les cercles plus intimes, parler de respect. Il me semble toutefois que c’est là un concept tellement abstrait, pour ne pas dire abscons, qu’il dépasse l’entendement de plusieurs. Ou serait-ce alors parce que c’est quelque chose de difficile à accomplir, comme l’amour ? Un sourire, une politesse, une douceur, s’ils sont vrais, sont ce qu’ils sont. En revanche, s’ils sont forcés ou faux, ils dérapent vers de l’obscur, de la fermeture voire de la méchanceté.

Photo par Charlie McKenzie

Je suis la première à me sermonner quand surgit le réflexe facile de condamner, détracter, dénigrer une personne de mon entourage. Que celui ou celle qui n’a jamais ressenti le petit triomphe pervers de la moquerie envers autrui me lance la première pierre. Et si l’instantané de la vanité éprouvée est éphémère, la tache, elle, demeure.

Alors, je reviens à la photo de Charlie, le trou de lumière, le bleu du ciel qui se reflète dans la mer. Les vases communicants. L’esprit de bonté dont j’essaie d’empreindre mes gestes et pensées. Ce n’est jamais gagné. Et chaque fois que j’y arrive, c’est une belle victoire personnelle qui m’aide à espérer. Que les barbares, les bouffons, les mal élevés n’auront pas le dernier mot. Car « tôuttt est dans tôuttt », comme dirait notre Raoûl national. Prendre soin, préserver, se préoccuper de l’environnement est indiscutablement essentiel, et notre environnement humain l’est aussi.

On parlait du respect. Je lui appliquerai les mots satellites d’empathie, de circonspection, de discernement, de non-violence. Notre humanité a faim. Donnons-lui de la brioche.