Hier un soleil tapageur nous annonçait le printemps et ce matin en me levant, la tempête faisait rage, nous ramenant en plein mois de janvier ; j’exagère, mais bon. Toutefois, comme le suggère Charlie, mon chéri abondant dans son sens, le temps des sucres, lui, est un signe printanier qui ne trompe pas.

Ça me fait penser à deux choses : la première fait référence à un article lu plus tôt cette semaine dans Le Devoir et la seconde à un état d’esprit. Dans l’article, le journaliste déplorait le fait que les « vraies » cabanes à sucre avaient toutes disparu, ou peu s’en faut, et que nous n’avions pas, ou peu s’en faut, de patrimoine répertorié en ce sens. Je suis loin d’être une spécialiste, mais il me semble quand même qu’il en reste quelques-unes dans la région. En tout cas, je sais que nous comptons quelques historiens et esprits avertis qui ont à cœur nos patrimoines environnants et je ne doute pas que les Jean-Claude Fortier et autres Guy Toupin, pour ne nommer qu’eux, veillent au grain, ou au sirop dans ce cas-ci. Donc de ce côté, me voilà rassurée, notre patrimoine local est entre de bonnes mains.

Photo par Charlie McKenzie

L’autre évocation que me suggérait l’écart de température des jours derniers a trait au point de vue que nous adoptons pour juger et apprécier, ou pas, notre environnement. Point de vue et résilience, ajouterais-je. C’est une évidence dont je vous ai souvent entretenus, ce verre que je préfère à moitié plein (de bon vin de préférence !), et bien que ce mot de résilience m’exaspère, je n’en trouve pas de meilleur pour qualifier le courage, le bon sens et l’intelligence qu’il faut déployer en toutes choses. Pour vivre, tout simplement. Et en ces périodes troubles encore davantage. Alors ne serait-ce pas l’occasion de changer vraiment nos comportements ? Et ne me parlez pas de petits gestes et patati et patata, je veux dire de réels changements. Comme le covoiturage, mettons, qui d’un côté ou de l’autre (conducteurs et passagers) demande certainement un effort ; on voyage avec des étrangers, dans un confort partagé qui parfois n’est pas tout à fait le nôtre (radio, musique, conversation, etc.), mais on est quatre dans la voiture. Pour ma part, j’utilise souvent l’application Amigo pour mes déplacements longue distance et, malgré quelques inconforts et ajustements, j’arrive toujours bien à bon port.

Par ailleurs, depuis le temps qu’on entend parler de consommation locale et responsable, ne pourrait-on pas troquer notre bacon Maple Leaf contre une tranche de bon cochon bien élevé ? Ce ne sont pas les fermes écoresponsables qui manquent ici ou ailleurs au Québec, où on élève des bêtes pour la viande, le lait, les œufs ou fait pousser toutes sortes d’autres bonnes affaires. Ça coûtera un peu plus cher, c’est sûr, on aura qu’à manger moins, ça ne nous fera pas de tort. Deux exemples parmi tant d’autres.

Le vent poursuit sa course à travers les arbres et dans la prairie derrière la maison, mais il a aussi ramené le soleil… alors, je lève mon verre à votre santé. Prenez bien soin de vous, chères lectrices et chers lecteurs.

Dyane Raymond
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