Par Marcel Gaumond

Il s’agissait, au moment où, en 2007, les médias venaient de sonner l’alerte à propos du vieillissement prématuré des lacs habités du Québec, du bloom d’algues bleues qui risquait de rendre un nombre croissant de ceux-ci insalubres, interdits à la baignade, de nous mobiliser, nous, riverains du majestueux Grand lac Saint-François, pour  mettre en œuvre les mesures susceptibles de stopper sinon de ralentir cette eutrophisation de notre lac.  S’investir dans une telle démarche, c’était «penser globalement, agir localement» suivant la formule employée par René Dubos, lors du premier sommet sur l’environnement tenu à Stockholm (Suède) en 1972.

Andrée Lévesque-Sioui montrant à Marcel Gaumond les illustrations d’une légende amérindienne peintes sur un bol. Photo par Geneviève Ousset

C’est à ce moment-là qu’est né le Projet de Centre, soit un projet qui avait comme objectif principal de sauvegarder comme espace vert cette aire d’une dizaine d’hectares, en bordure du lac, qui en était venue à être appelée « le terrain du club Optimiste ». Un terrain qui avait fait l’objet d’un bail de location de vingt-cinq ans (1975-2000), à un coût minime, par l’association des riverains du chemin du Barrage auprès du ministère des Ressources naturelles du Québec (voir « L’historique du terrain communautaire 1977-2017» sur le nouveau site Internet du terrain communautaire: projetdecentre.wixsite.com/tcglsf).  Un terrain qui fut bientôt sous-loué par l’association des riverains au Club Optimiste de Thetford pour la tenue de ses camps d’été et cela, jusqu’au moment où celui-ci a interrompu ses activités et a retiré du terrain ses bâtiments.

Au cours des dix années qui ont fait suite à la naissance du Projet de Centre, de nombreuses démarches furent réalisées afin de faire du «Terrain du club Optimiste » un terrain communautaire offrant aux gens  de la région un endroit de rassemblement où il deviendrait possible, tout en respectant les consignes écologiques, de tenir une foule d’activités répondant si possible aux besoins et attentes de la communauté locale et régionale : activités éducatives, sociales et culturelles.  À ces objectifs, s’est bientôt ajouté celui d’une dédicace du terrain aux membres des Premières Nations. Le Grand lac Saint-François fut autrefois habité par la nation des Abénaquis qui avait donné comme nom au lac Ônkobagak (qui signifie “lac relié”) et nous avons pensé approprié de nous inspirer de la sagesse de ceux-ci dans leur rapport avec la nature. Cela s’est concrétisé, lors des trois premières années d’activités sur le terrain communautaire, par les « Journées des Premières Nations », sous l’œil bienveillant et la particiapation d’Andrée Kwe’dokye’s (Lévesque-Sioui), Huronne-Wendat et marraine du terrain communautaire.

En cet été 2017, le terrain communautaire du Grand lac Saint-François fut le lieu d’un accomplissement qui s’est traduit par un bon nombre de réalisations rendues possibles grâce à la participation exemplaire d’un bon nombre de riverains et de commanditaires : les travaux initiaux de terrassement du terrain (André Pomerleau), la  plantation de plusieurs centaines d’arbres d’essences indigènes (Michel Sirois et son fils, Alexis Achim), l’aménagement de sentiers avec tableaux et fiches informatives (Donald Carter et son épouse, Ghislaine), un aménagement paysager à l’entrée du terrain (Marc Dussault des Serres Arc-en-fleurs), la création d’un site d’observation ornithologique (Francis Lacave), la construction du Pavillon-des-Jardins (pavillon conçu par l’architecte Pierre Thibault et construction supervisée par Rhéo Mercier), l’installation de ruches (Phil Booth), la mise en œuvre du Sentier des arts (Geneviève Ousset), l’aménagement gratuit d’un grand espace de talus (François et Christian Garon) et tout récemment, la mise en place, tout près du pavillon, d’un module de jeux pour enfants qui sera bientôt suivi de stations de mise en forme pour adultes sur les sentiers du terrain (Normand Baker).

Missions à accomplir
La suite vous appartient, à vous qui avez parcouru ces lignes jusqu’ici.  Cet été, une fois de plus, en ma qualité de président de la Corporation du terrain communautaire et avec la collaboration des autres membres du conseil d’administration de la corporation (Normand Baker, Denys Huot, Gérald Marois et Isabelle Rancourt), j’ai assumé la tâche de proposer et d’encadrer un programme d’activités sur le terrain et à son pavillon: Sentier des arts, Journées des Premières Nations, cours de yoga, projection de films d’animation et de films documentaires, ateliers pour les enfants, etc. Tout cela, avec la présence et l’aide d’un étudiant, Raphaël Gagné, que nous avons pu engager comme personne-ressource, grâce à un octroi d’Emploi d’été Canada.

Mais à l’assemblée générale de la corporation qui aura lieu le 10 septembre, assemblée à laquelle vous êtes tous et toutes invités, il faudra élire un nouveau président ou une nouvelle présidente pour animer et assurer le futur du terrain communautaire, car j’ai pris la décision de me retirer de façon définitive de cette fonction, quitte ensuite à prendre la responsabilité de certains dossiers particuliers. J’ai le sentiment d’avoir donné le meilleur de moi-même pour ce futur et il appartient à quelqu’un d’autre maintenant de prendre la relève. J’ai maintenant 72 ans et, toujours actif dans le cadre de mes activités professionnelles comme psychanalyste, je sens la nécessité de me réinvestir plus à fond dans celles-ci.

Vous qui me lisez, inventez le futur du terrain communautaire, mettez à contribution vos valeurs et votre temps. Suis-je trop naïf en pensant que ces valeurs porteront sur la protection de l’environnement biologique, culturel et humain ?