logo_coup_chapeauPar Yves Lirette

« Il y a longtemps de cela, elle prend racine ici.
Elle y grandit, y mûrit.
Son regard, ses paroles, ses gestes
Partout, l’autre cherchant,
Pour connaître, pour partager
Établir un lien
Entre humains,
Qu’ils soient d’ailleurs, qu’ils soient d’ici. »

Il y a bien une soixantaine d’années que Jocelyne Laflamme a trouvé maison dans la région. Née de parents professeurs à Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean, elle aura séjourné quelques années à Matane avant que son père n’obtienne un poste d’enseignant à l’école normale Marie-Rose de Disraeli. Enfant précoce, l’école nourrit son insatiable désir d’apprendre et son immense plaisir de découvrir.

Mme Jocelyne Laflamme Photo par Yves Lirette
Mme Jocelyne Laflamme.   Photo par Yves Lirette

Puis, tout doucement, au fil du temps, c’est le besoin de communiquer qui prendra toute la place dans sa vie. Elle ne le sait pas encore, mais ce besoin d’échanger avec les autres prendra de multiples formes.

Sans surprise c’est l’enseignement qui lui fera signe. Après quatre années d’études à Sherbrooke, elle obtient son baccalauréat en pédagogie, passeport pour enseigner pendant deux ans à Montréal, avant de revenir à Disraeli. Et qu’enseigne-t-elle? Bien sûr la langue française, ce merveilleux outil de communication. De la jeune vingtaine à sa retraite, Jocelyne Laflamme fera carrière dans la région, à Disraeli et à Black lake. Des milliers de jeunes, dont vous peut-être, apprendrez avec elle la langue française et ses subtilités, l’art de se parler pour se comprendre.

Communiquer c’est…
Parler, bien sûr,
Écrire, cela va de soi,
Aussi le théâtre pour sentir, partager
Et la musique pour ressentir, évoquer…

Mme Laflamme enseignera aussi la musique à la polyvalente, tâche difficile où des élèves aux motivations variables apprivoisent, le souffle court, jusqu’à huit instruments à vent : de la pimpante clarinette à l’envol de la flûte, en passant par la puissante trompette, les élèves soufflent leurs émotions note après note. Tout ce travail portera ses fruits, car trois concerts par an seront offerts à la population. Tendez l’oreille… le vent transporte encore des notes discrètes qui vous rappelleront un passé pas si lointain.

Le théâtre occupera tout un pan de la vie de Jocelyne Laflamme : elle y était déjà lors de la fondation du Théâtre de La Grande Tablée. Par amour pour le théâtre, elle montera plusieurs pièces avec les adolescents, mais aussi avec les plus jeunes. Les pièces « Au cœur d’la rumeur » et « J’taime » permettront aux élèves de secondaire V d’apprendre à communiquer des idées et des émotions au public. La critique comblera les espérances. Avec les plus jeunes, après le succès « Les p’tits pouvoirs », ce sera la comédie musicale « Les p’tits monstres », que les enfants joueront 38 fois faisant la tournée d’écoles primaires entre Sherbrooke et Québec, devant un public conquis. L’enseignement, la musique, le théâtre, les comités culturel et syndical, un tourbillon d’échanges pour grandir et partager avec sa communauté.

Retraitée depuis quelques années, en 2003 lors  de sa traversée de Cuba à vélo avec son conjoint, elle est confrontée à l’impossibilité de communiquer avec les Cubains. La découverte de l’autre passe donc par apprendre l’espagnol et Jocelyne Laflamme part à la conquête d’une nouvelle langue. Cette nouvelle passion, alliée à la soif de découverte, la mènera du Costa Rica au Pérou, de l’Argentine à l’Équateur et bien plus.

D’indigence et de détresse ils sont couverts,
Ma passion, mon désir, les découvrir…

Mme Laflamme partagera sa passion avec la population régionale en offrant gratuitement des cours d’espagnol pendant trois années. À Disraeli Paroisse, partagée entre la vie familiale que lui apportent ses deux fils et ses quatre petits-enfants, et la vie de voyages et de découvertes, désormais l’espagnol lui ouvre le monde, lui permet de se rapprocher des plus démunis, de partager d’autres façons de penser. Elle nous dira que se sentir utile donne plus de valeur à la vie et que l’action volontaire est une belle façon de partager, de tendre la main. Récemment, elle découvrait une fondation au Mexique qui travaille, depuis plus de trente ans, à améliorer la vie des plus démunis. Cette fondation recrute de généreux parrains pour des enfants aux horizons éteints, en attente d’une voix. Elle procure éducation, santé et pourvoit aux besoins de base. Si le cœur vous en dit, parlez-en avec Jocelyne…