La cause est entendue. Elle valait la peine d’être débattue. Cette cause qui nous tient tant à cœur; cette cause qui nous habite, qui nous rattache à notre identité; cette cause qui fait notre fierté. Tout a été dit et redit. Nous ne pouvons plus y ajouter mot. Nous sommes désormais en attente du verdict de l’arbitre, Monsieur Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales. La partie fut longue, rude et coriace, mais elle fut surtout très stimulante, très énergisante, très grisante et très enrichissante. La démarche que nous avons suivie nous a permis de connaître les citoyens, leur motivation, leur conviction et de constater leur attachement à la Paroisse de Disraeli et leur fierté d’en faire partie.

Je saisis l’occasion qui m’est donnée pour remercier très sincèrement tous ceux et celles qui se sont donnés la peine de faire connaître leur opinion à la commission municipale afin de supporter notre cause visant à maintenir le nom de notre municipalité. J’ai lu avec un très grand intérêt toutes les lettres que vous avez acheminées à la commission municipale et je vous avoue que j’en éprouve une très vive fierté. Toutes les interventions étaient pertinentes, positives et bien structurées; les idées émises étaient clairement énoncées; les arguments les supportant étaient logiques; bref, vous avez réussi à démontrer, avec conviction, votre fierté et votre attachement au toponyme de votre paroisse. Bravo pour votre engagement, vous méritez toute la reconnaissance des citoyens et des citoyennes en faveur du maintien du nom de notre municipalité.

Je voudrais également profiter de l’occasion pour témoigner toute ma reconnaissance à tous ceux  et celles qui, en plus de rédiger des textes démontrant leur attachement au nom de leur municipalité, se sont déplacés pour se faire entendre. À ces hommes et à ces femmes, convaincus et convaincants, engagés, courageux, prêts à étaler publiquement et mettre de l’avant leurs idées et leurs convictions, je n’ai de mot pour vous exprimer toute ma reconnaissance. Vous avez adhéré, avec passion, à une cause qui vous est chère. Ce lien qui nous unit ne se détruira jamais car il nous ramènera toujours à l’essentiel, à nos valeurs communes. Il n’y a pas de mot pour décrire, avec précision, votre engagement, votre attachement, votre fierté. MERCI.

Enfin, je ne peux passer sous silence l’engagement de madame Elyse Brochu. Cette jeune femme très talentueuse, convaincue et convaincante, dévouée, passionnée et débordante d’énergie mérite toute notre considération et notre admiration. Au pied levé, elle a pris en main, en mon absence, ce dossier et elle a su relever avec brio le défi qui l’attendait. Cette jeune femme au talent remarquable, vouée à un avenir prometteur, a effectué un travail colossal. Nous lui devons beaucoup.

Quant à moi, étant à l’extérieur du pays au moment des auditions de la Commission, je n’ai pu me faire entendre. J’ai toutefois mandaté un avocat, Me Ghislain Dionne, pour me représenter lors des audiences. Défendre des convictions profondes et des principes n’a pas de prix; c’est pourquoi j’ai mandaté Me Dionne, à mes frais, pour faire entendre ma voix. Je demande donc officiellement à monsieur le maire de faire de même, c’est-à-dire de défrayer lui-même les frais de son avocat à même son salaire. Il m’apparaît tout à fait injustifié et immoral de faire payer par les contribuables, citoyens  payeurs de taxes, les frais d’avocat découlant de son entêtement, de son incurie et de sa mauvaise gestion du dossier. Il est évident que les citoyens n’ont pas à payer ses frais d’avocat.

Mon mandat tire à sa fin dans ce dossier. J’ai simplement voulu, au fil des mois, mettre en lumière le coup de force, le coup fourré que le conseil municipal s’apprêtait à nous imposer. Ce détournement de la démocratie me répugne au plus haut point. J’ai voulu mettre en lumière le manque de respect et le peu de considération que nos élus ont pour la population. J’ai tenté de vous sensibiliser au jeu de coulisses et de manœuvres clandestines, inavouables, du conseil municipal. Bref, j’ai voulu mettre en lumière le vrai visage des fossoyeurs de notre identité, leurs tactiques déloyales et les mensonges inventés pour justifier leur revanche envers la ville de Disraeli.

Cette démarche m’a permis toutefois de faire ressusciter un sentiment d’appartenance et de  porter haut le « flambeau de la fierté ».

En terminant, permettez-moi de paraphraser Louis Hémon, auteur de Maria Chapdelaine, qui écrivait à propos du peuple canadien-français  » ce peuple qui ne sait mourir » et d’affirmer que la Municipalité de la Paroisse de Disraeli ne sait mourir; à moins qu’on l’assassine.

André Lavoie

P.S. Je tiens à remercier le journal le Cantonnier ainsi que son rédacteur en chef, M. Yves Lirette, pour l’espace qu’ils ont bien voulu m’accorder au fil des mois.