Le changement de nom de notre municipalité pour celui de Bellerive constitue une dérive inacceptable. On se pince, on n’en croit pas nos yeux, on se dit : «Non, mais je rêve, c’est impensable de changer le toponyme d’une municipalité plus que centenaire sans motifs très sérieux, ils sont tombés sur la tête, ils sont cinglés, ou bien …ils en ont fumé du bon…», mais encore…on s’interroge.

Comment des gens supposément sensés peuvent-ils en arriver à un tel dérapage? La question se pose! Difficile de ne pas s’interroger sur les raisons qui ont mené à une telle dérive. Ont-ils perdu toute sensibilité, tout attachement, toute valeur historique? Sont-ils déconnectés de la réalité au point d’ignorer ou de sous-estimer les impacts et les inconvénients que nous causera un changement d’adresse? Sont-ils aveuglés par des motifs inavouables? Veulent-ils laisser leur empreinte personnelle sur la pierre tombale de la municipalité en étant les fossoyeurs de celle-ci? Veulent-ils être reconnus comme les marchands d’illusions d’une terre promise? Nul ne sait.

Chose certaine, on ne décide pas de changer le nom d’une municipalité sur un coup de tête ou selon les humeurs du jour. Une décision d’une telle importance devrait trouver son origine non seulement dans la réflexion primaire, mais dans la production d’une étude, d’un rapport ou, à tout le moins, d’une réflexion émanant d’un comité consultatif. Rien de tout cela n’a été produit. Du début à la fin du processus, de la planification du scénario à l’adoption de la résolution par le conseil municipal, l’opération s’est déroulée dans le plus grand secret. Aucune information pertinente n’a été véhiculée, aucune consultation n’a été tenue. Rien! Quel dérapage!

Cette dérive témoigne, à mon avis, d’un manque flagrant de respect envers les citoyens, d’un profond mépris, d’une grande faiblesse administrative et d’une évidente crainte de voir le projet rejeté par la population. Mais, il ne faut pas se surprendre, quand le conseil municipal se permet de détourner la démocratie et de bafouer ses principes les plus élémentaires, qu’il en résulte un dérapage et un cafouillage inqualifiables.

Le refus de reconnaître le souhait de la population et de répondre adéquatement aux questions qui sont soulevées contribue à miner la confiance des citoyens envers son conseil municipal. En effet, comment peut-on se permettre de faire confiance à un conseil municipal qui a refusé de porter sa décision concernant le changement de nom de la municipalité devant les citoyens et qui leur impose ce dérapage?

Il faut croire que le pouvoir grise, que nos élus pensent que tout leur est permis, même les pires dérives.

André Lavoie