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Le président de Nutech M. Hugues Baillancourt

Nutech ne cessera pas de nous surprendre. Fondé en 1976 par Pierre Vaillancourt et géré aujourd’hui par son fils Hugues, l’entreprise installée à Disraeli depuis 1982 et ayant connu une croissance soutenue de son chiffre d’affaires annonce maintenant un autre agrandissement qui servira à produire une arme à feu de chasse à verrou de haut de gamme dans différents calibres.

Nature du projet
Ce qui distinguera cette arme haut de gamme sera sa grande précision, la qualité de ses composantes, son usinage et son prix de vente. La paternité du projet, de sa conception à sa mise en marché, relève d’Hugues qui désirait diversifier et augmenter la production de l’usine grâce à l’introduction d’un véritable produit maison. La forme, l’esthétique, et les matériaux, ont été décidés par ce dernier. Toute la mécanique et le canon de l’arme en stainless 416 seront usinés et assemblés localement. Quant à la crosse en carbone (matériau composite), elle sera fabriquée par l’atelier de fibre de verre d’Éric Matteau (Matt Composite) récemment aménagé dans le parc industriel Yvon-Jolicoeur de Disraeli, tout près de Nutech.

Afin de créer l’espace nécessaire à l’usinage de l’arme à feu et à son assemblage, Nutech procède présentement à la construction d’une nouvelle section de 9 600 pi.car (40×200 avec une partie étagée). De plus, une salle de tir souterraine de 8x10x200 pi. servira en toute sécurité et quiétude à la mise au point des carabines. Les travaux ont été confiés à la firme C.R. Gagnon de Victoriaville. Selon Hugues Vaillancourt, tout devrait être opérationnel dès novembre. L’ensemble du projet représente un investissement de 1,5 million de dollars.

Le dirigeant de Nutech prévoit confectionner environ 500 carabines dans la première année de production alors qu’il vise un volume de 10 000 unités dans cinq ans. Selon ses prévisions, ce nouveau volet de l’activité de l’entreprise pourrait représenter environ 33% de sa production globale à ce moment-là. Selon le concepteur et chargé du projet, cette carabine qui sera produite en une douzaine de calibres et modèles populaires se vendra aux environs de 1 900$ alors que les comparables sur le marché se vendent aux environs de 6 000$. Il prévoit l’engagement d’une cinquantaine de travailleurs lorsque le rodage de la production sera complété.

Mise en marché
Sachant qu’il se fabrique annuellement 1,3 million de carabines aux USA en plus d’y observer une importation voisinant le million, M. Vaillancourt a créé une nouvelle compagnie portant le nom « Fierce Firearms » liant Nutech à une sommité américaine connue en matière d’armes, M. John Mogle, afin de pénétrer avec succès cet immense marché. L’alliance créée distingue nettement les champs d’action : Nutech s’occupe de la confection de l’arme portant le nom commercial « Fierce » alors que la mise en marché et les ventes seront l’affaire de John Mogle qui a développé un large réseau américain de comptoirs et ses publications. Toutefois, Nutech se réserve le marché Québec.

Nutech se spécialise dans l’usinage des composantes de précision, à moyens et grands volumes, sur tours et centres d’usinage à commandes numériques. Nutech emploie une centaine de travailleurs (machinistes, techniciens, journaliers, agents de bureau). En devenant l’unique manufacturier d’armes au Québec, il ne faut pas se surprendre que son président vise un chiffre d’affaires de 30 millions d’ici 2018 tout en voulant que l’établissement soit reconnu parmi les 50 PME les mieux gérées au Canada dans son rôle de fournisseur stratégique.