L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) dresse un bilan du régime d’assurance médicaments public-privé mis en place au Québec il y a vingt ans : le système est désormais obsolète et doit être remplacé afin de s’aligner sur les modèles internationaux plus performants.

« Le régime hybride que le gouvernement québécois a mis sur pied en 1997 est le fruit d’un compromis historique survenu à une époque où les besoins étaient criants mais où la création d’une assurance universelle publique était difficile », explique Dr Alain Vadeboncoeur, professeur à l’Université de Montréal et coauteur de la note. Il ajoute que « …force est de constater que le système actuel ne permet pas d’atteindre les objectifs souhaités en termes d’accessibilité, d’équité et de contrôle des coûts ».

La note socioéconomique montre que les dépenses per capita en médicaments au Québec sont 20% supérieures à celles du reste du Canada et 80% supérieures à celles de la moyenne des pays de l’OCDE. Malgré tout, le Québec obtient une piètre performance quant à l’accès aux médicaments lorsque comparé aux pays avec un régime public universel d’assurance-médicaments. […] Afin de contourner la réglementation sur les ristournes aux pharmaciens (plafonnées à 15%), les grandes chaînes de pharmacie et les distributeurs vendent les génériques les plus prescrits sous leur marque maison. Ils achètent le médicament au plus bas prix du marché et les revendent au plein prix. Au final, les intermédiaires empochent une ristourne moyenne non pas de 15%, mais de 89%.

Plus tôt cette année, le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette a obtenu des rabais de fabricants de médicaments génériques. Les auteurs de la note de l’IRIS calculent que si Québec remplaçait le régime actuel par un régime entièrement public, il pourrait réaliser des économies douze fois supérieures à celles obtenues par le Ministre Gaétan Barrette, soit 3,8 G$.

Source :  Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS)