Je ne peux m’empêcher de réagir aux propos publiés dans l’édition de janvier concernant la hausse des tarifs pour les abonnés de la bibliothèque municipale. Cet article me semble malheureusement biaisé ou à tout le moins fort incomplet. Voici pourquoi.

D’abord la première affirmation fait bondir le tarif à 100$. Deux phrases plus loin, on corrige en donnant le coût imputé aux résidants de Disraeli : 10$ pour un abonnement individuel, 15$ pour une famille et 5$ pour les aînés. On est donc loin du 100$, mais l’impression est déjà installée.

Parallèlement, nous voyons intervenir une notion tout à fait nouvelle dans ce texte : celle du « GRAND DISRAELI » Combien de gens du « GRAND DISRAELI » paient de taxes à la Ville de Disraeli pour utiliser sa bibliothèque municipale? 0. Pourquoi les citoyens de la Ville de Disraeli qui assument déjà le coût réel de ce service qui leur est offert via l’utilisation faite de leurs taxes devraient-ils payer pour les citoyens des autres municipalités?

Par ailleurs, et cela m’apparaît une aberration, en plus de ne pas payer le coût réel de ce service à la Ville pour l’utilisation de sa bibliothèque, on y réclame des améliorations : plus de livres, de nouveaux locaux et l’ajout de journées de services, autant d’éléments qui représentent d’importants coûts additionnels, et pour qui? Pour les citoyens de la Ville de Disraeli seulement!

Alors dites-moi, comment se fait-il que personne ne dénonce les surcharges beaucoup plus importantes imposées aux joueurs de hockey, aux nageurs et aux patineurs utilisant les arénas de Coleraine, de Thetford ou du secteur de Black Lake? À ce chapitre, les municipalités remboursent les surcharges si le service ne peut être donné sur leur territoire. Pourquoi la culture ferait-elle exception?

Finalement, la comparaison avec la bibliothèque municipale de Thetford ne tient pas la route. Vous oubliez de dire qu’il s’agit en fait de la bibliothèque du CEGEP, que des cours y sont dispensés tous les soirs, ce qui nécessite son ouverture, donc sans coûts additionnels, que les budgets des bibliothèques collégiales sont bien supérieurs à ceux des bibliothèques des commissions scolaires, et surtout que les coûts engendrés par le fait que la bibliothèque du CEGEP soit également la bibliothèque municipale sont assumés par une population 10 fois plus nombreuse que celle de la Ville de Disraeli.

Par contre, je souscris tout à fait à la nécessité d’une concertation régionale afin d’améliorer ce service essentiel à la culture, à l’ouverture d’esprit et à l’éducation populaire!

Juliette Jalbert

NDLR Nous remercions Mme Jalbert pour l’intérêt qu’elle porte à notre article au sujet de la bibliothèque municipale de Disraeli. Toutefois, il faut rappeler que nous ne faisons pas bondir les tarifs, nous ne faisons que citer la ville de Disraeli dans sa lettre concernant l’augmentation des tarifs. D’autre part, nous utilisons la notion de « Grand Disraeli » pour refléter l’importance de cette ville-centre qui rayonne sur la région. Par ailleurs, à tout le moins, vos propos sont biaisés lorsque vous affirmez que « … en plus de ne pas payer le coût réel de ce service à la Ville pour l’utilisation de sa bibliothèque… ». Les non-résidents payaient déjà en 2015 50$ par abonnement et payeront en 2016 100$, ce qui représente, selon la Ville, le coût total du service. Notez également qu’il est naturel de vouloir des améliorations à un service qui en a bien besoin, opinion que le maire partage lorsqu’il nous indiquait vouloir travailler dans ce sens en 2016. Enfin, nous ne voulons pas comparer les bibliothèques de Disraeli et de Thetford, elles sont incomparables, mais si nous en parlons c’est parce que nous avons à cœur de contribuer au dynamisme de Disraeli et non à celui de Thetford, même si le service et les coûts y sont nettement plus avantageux pour les non-résidents. Nous sommes heureux de lire que vous partagez notre but qui est de stimuler et encourager une vision régionale pour cet équipement culturel si essentiel, et ce, comme nous le disions, dans une perspective d’équité pour tous, jamais sur le dos des contribuables de la ville de Disraeli.