J’ai pris connaissance de la mise au point de la municipalité de la Paroisse de Disraeli concernant leur désir de changer le nom de notre municipalité pour celui de Bellerive : une tentative de justification navrante, triste et désolante. (ndlr : voir autre texte).

Démarche
529 pétitionnaires se sont prononcés afin de conserver le nom de notre municipalité. C’est un message clair, mais il faut croire que ce n’est pas suffisant, car le conseil municipal refuse d’entendre la voix de la population; il préfère s’enfermer dans le déni. C’est ce qu’on appelle de l’aveuglement volontaire.

Le premier reproche que l’on adresse à la municipalité, c’est  de ne pas avoir tenu de consultation populaire. Le sujet est très important et il aurait été souhaitable que la population soit consultée. On a plutôt préféré agir dans l’ombre, en catimini. Je voudrais souligner à nos élus, car ils ne semblent pas être en mesure de faire la distinction, qu’il y a une énorme différence entre une consultation populaire et une procédure pour faire cheminer un dossier auprès de la commission de  toponymie. Une consultation, c’est l’action de prendre l’avis d’une personne ou d’un groupe de personnes; alors qu’une procédure est une manière d’agir. Une consultation est un mécanisme qui nous indique si on doit enclencher une procédure. Donc la consultation est un acte préalable. Advenant le cas où une consultation s’avère négative, par exemple, un refus de changer de nom, il n’y a pas lieu d’enclencher une procédure auprès de la commission. Ainsi, si nous avions été consultés au préalable, vous n’auriez probablement pas eu à vous adresser à la commission de toponymie dans la clandestinité. Par contre, si la consultation s’était avérée positive, vous auriez pu enclencher le processus, car vous auriez pu vous appuyer sur une base solide. Vous avez jugé préférable de ne pas consulter la population au préalable et de nous faire avaler votre couleuvre en douce en mettant la population devant le fait accompli. Vous avez manqué de transparence. Voilà pourquoi nous vous adressons un blâme.

La réflexion
C’est sans doute la partie la plus loufoque de votre jérémiade. Premièrement, le mot « Paroisse » vous choque, car il sème la confusion avec le presbytère de la Paroisse Sainte-Luce de Disraeli. Pour votre information, le nom de la Paroisse est « Paroisse Saint-André-Bessette » dont fait partie la communauté Sainte-Luce de Disraeli. Je ne vois pas où se situe le problème. Je constate seulement que vous n’êtes pas familiers avec le patrimoine religieux.

Deuxièmement, le toponyme « Disraeli »  semble vous causer des soucis. Vous utilisez les mots « souvent », « plus souvent », « régulièrement », « fréquemment » pour les problèmes et les inconvénients causés. A vous croire, le personnel est débordé. Il passe son temps à référer les gens aux bons endroits et à démêler les courriers égarés. Il est tellement occupé, débordé, semble t-il, par ces demandes que je suis surpris de constater qu’il n’a pas encore songé à demander un congé de maladie pour cause de surmenage, de « burn-out ».

Vous me faites rire avec vos prétentions. Vous nous prenez pour des valises; alors qu’AUCUNE STATISTIQUE OFFICIELLE  ne vient appuyer vos dires.

Troisièmement, vous affirmez que l’appellation du nom municipalité de la Paroisse de Disraeli vous a causé des problèmes au niveau du programme des subventions. Mensonge grossier. En effet, le 13 novembre dernier, j’ai adressé un courriel à Madame Caroline Picard, directrice générale de la municipalité, dans lequel je lui demandais des précisions concernant les subventions qui n’ont pas été obtenues.

Le 21 novembre, j’ai reçu une réponse de la municipalité et je cite : « Nous ne pouvons donner suite à votre demande d’accès à l’information. En effet, la municipalité ne détient pas de documents relatifs aux demandes formulées. De plus, AUCUNE compilation ou document n’a été préparé par la municipalité au sujet des subventions que la municipalité n’aurait pas obtenues en raison de son appellation. »

L’élément déclencheur
Le moment est venu de dire les vraies choses, les vrais  motifs, les motifs non avoués, ce qui a amené nos élus à nous trahir.

Tout tourne autour des activités du 150e anniversaire de la Ville de Disraeli. C’est le point de départ. La Ville de Disraeli et la Municipalité de la Paroisse n’ont pu s’entendre sur la participation et l’implication de la Paroisse dans le cadre des activités reliées au 150e anniversaire. Ne pouvant s’entendre, la Ville a décidé de faire cavalier seul et a «flushé» (pardonnez-moi l’expression) la Municipalité de la Paroisse. Insultés, frustrés, vexés, nos élus ont fomenté une vengeance. Y a-t-il meilleure vengeance que de bannir à tout jamais le toponyme «  Disraeli » de notre identité ? Ah! les égos, ils sont assez gros pour faire passer leurs intérêts  avant les intérêts collectifs.

En résumé, dites-vous que nos élus avaient leurs motifs obscurs pour ne pas consulter la population; dites-vous qu’ils ont invoqué de fausses allégations qui ne tiennent pas la route pour tenter de justifier leur décision, pour faire passer leur couleuvre; dites-vous qu’ils pensent beaucoup plus à leur vengeance qu’à nos intérêts.

La municipalité de la Paroisse de Disraeli existe depuis 1904 et nous n’avons jamais songé à nous départir de notre identité. Espérons que nos élus entendront et écouteront la voix de la population et que la lumière de la raison éclairera leur jugement si faible soit-il.

André Lavoie