M. Jocelyn Debaque

Le 24 juillet dernier, sous un soleil radieux, nos pas nous ont menés Au pas de l’âne, ce magnifique jardin de Stratford où Chantale et Jocelyn font sourdre de terre de quoi nourrir la communauté.

Ils y retournent la terre avec joie,
Guident leurs ânes à la voix,
Avec amour à chaque fois.

On y a retrouvé les bras chaleureux de Chantale à l’accolade sincère. Et puis le tourbillon de légumes et de produits culinaires régionaux chatouillaient déjà nos papilles. Notre panier bien garni, Chantale nous montrait ses champs aux plantes gorgées de soleil, la fierté d’un labeur respectueux de la nature.

Sur le chemin du retour, chemin faisant, nous croisons Jocelyn. D’un pas lent, mais que l’on sent bien enraciné, il croise nos regards avec sérénité, simplicité. L’homme ne fait qu’un avec sa terre de laquelle il semble tirer nourriture, énergie et… paix. « Salut Jocelyn, à la semaine prochaine ». Et puis une poignée de main rassurante faite de mains calleuses, sculptées par la terre…

Bang ! Dans la nuit du 28 au 29 juillet, Jocelyn est fauché, tel un arbre séculaire qu’on abat. Finie la vie, si fragile. Des vies en sont chavirées, désorientées, réorientées… mais vers où, vers quoi ? Le temps frémit puis s’arrête… La nature reprendra bien son cours, mais :

Pour le moment, Chantale est en douleur,
Tant de labeur, et puis tous ces pleurs,
Il faut te serrer fort dans nos cœurs,
En attendant que le vent sèche tes pleurs,
En attendant que repoussent les fleurs.

 

Marie-Andrée Brière et Yves Lirette