Un jour, une dame m’a dit : « C’est plus difficile pour un homme que pour une femme de prendre sa retraite ». En questionnant autour de moi, j’ai vite constaté que cette opinion était fort répandue. « Et pourquoi donc? », me suis-je dit.

Un homme qui prend sa retraite aujourd’hui est très probablement né entre 1950 et 1955. Celui qui envisage prendre sa retraite ou que l’on a déjà forcé à prendre sa retraite serait né entre 1955 et 1960. On parle donc d’une période qui précède la « révolution tranquille » au Québec.

Pour bien des hommes de cette génération, le travail servait à acquitter son rôle de mâle, soit celui de pourvoyeur pour la femme et les enfants. Oui je sais, ça peut paraître archaïque de penser comme cela aujourd’hui, mais il n’en demeure pas moins que l’homme de cette époque s’est beaucoup plus défini en fonction du travail qu’en fonction de l’éducation et des tâches ménagères. Même son réseau social et son estime de soi se bâtissaient généralement sur les « chums au travail », sur la vie au travail. Alors que lui arrive-t-il lorsqu’il prend sa retraite? Chose certaine, il y a un passage d’une vie organisée à une vie à organiser.

La retraite devient-elle alors le moment où un homme réalise ses rêves? Ou devient plutôt un cauchemar inattendu? Ou se situe quelque part entre les deux?

Dans les faits, certains se sentent inutiles, ruminent des idées noires, se replient sur soi ou deviennent impatients avec les proches. Les relations de couple doivent s’adapter et des conflits peuvent surgir. Pour certains, l’estime de soi diminue. Pour certains autres ce sont même des idées suicidaires qui apparaissent. D’ailleurs, le taux de suicide chez les hommes est inquiétant.

Pourquoi est-ce ainsi et que peut-on y faire?

Dans L’édition nouvelle, Numéro en ligne février 2016, dans un article intitulé « Comment se préparer la retraite », on pouvait lire :

« Les chercheurs affirment qu’une cause importante des maladies à la retraite est le fait que le travail a souvent été notre activité la plus stimulante. (…) En arrêtant le travail, de nombreux retraités deviennent moins actifs physiquement et mentalement. Comme dit l’adage : tout s’use lorsqu’on ne s’en sert pas. »

Curieusement, on parle peu ou pas des difficultés d’adaptation de l’homme à cette nouvelle vie. Et comme beaucoup d’hommes hésitent à parler de ce qui se passe en eux, ils vivent souvent cette période dans une solitude accrue, ce qui augmente leur détresse.

Que peut-on y faire?

Bien sûr, il existe des cours de préparation à la retraite dans certaines grosses entreprises ou dans le secteur public, mais même ces cours, en général, traitent peu ou pas du tout de l’aspect psychosocial de ce changement majeur de la vie. On y aborde principalement les questions financières et juridiques. On y aborde aussi la santé, mais surtout sur l’aspect physique. On parle peu ou pas de ce que ça fait vivre. Et même si on en parle quelques fois avant la retraite, où et à qui l’homme de plus de soixante ans peut-il en parler lorsqu’il vit cette retraite?

Voilà pourquoi Partage au masculin offre aux hommes l’occasion d’échanger à ce sujet lors d’une série de rencontres portant sur les différents aspects de cette étape de la vie. L’activité s’adresse aussi bien aux hommes qui arriveront à la retraite que ceux qui y sont déjà. Il s’agit d’un lieu de partage et d’entraide. Les expériences et les leçons de vie de chacun sont précieuses et profitent à tous. Les échanges viennent enrichir la démarche.

Composé d’un maximum de 8 hommes, le groupe est animé par deux hommes. On se rencontre 5 fois, donc 5 ateliers. Le premier traite de la transition du monde du travail au monde de la retraite. Dans le 2e atelier, la semaine suivante, on parle des pertes ou des deuils qui s’ensuivent. Ensuite, le 3e atelier fait ressortir les forces et les expériences de vie. Le 4e atelier met en lumière les possibles projets de vie. Quant au 5e atelier, il a lieu un mois plus tard et chacun peut alors faire le bilan de ce qu’il a vécu en lien avec son projet de vie et de se donner un second élan vers une vie plus satisfaisante encore.

En plus de bénéficier des échanges interpersonnelles, les participants reçoivent des informations en fonction de leurs besoins, de même que des outils de réflexion. Ces ateliers s’adressent à tous les hommes qui font face à une retraite, éventuelle, actuelle, partielle ou totale, quels qu’ils soient.

La participation aux rencontres est gratuite et confidentielle.

Pour information: www.partageaumasculin.com 418-335-6677

Jacques Beaudet
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