La nature s’est à peine réveillée que le bourdon butine déjà les premières fleurs du printemps : chatons des saules, tussilages, perce-neiges et crocus. Il y a de fortes chances que ce soit une reine qui, à peine sortie de terre où elle a été nourrie par les mâles qui en sont morts, doit trouver un endroit propice à l’installation de la colonie, y pondre ses premiers œufs et subvenir seule aux besoins de ses larves en leur apportant pollen et nectar. Lorsque les ouvrières auront atteint leur maturité et pourront, à leur tour, sortir à la quête de nourriture, elle pourra enfin rester au nid et y pondre de nouveaux œufs.

Rare bourdon à tache rousse surpris à butiner un crocus doré de mon jardin. Photo par Dominique Langevin

Contrairement à l’adage populaire, le bourdon n’est pas le mâle de l’abeille. Ce sont deux insectes différents de la même famille. Plus grand, plus trapu et plus bruyant que l’abeille, le bourdon est aussi plus velu. Un avantage pour les plantes et jardins parce que ses poils se couvrent facilement de pollen qui se répand ensuite au gré des fleurs visitées. C’est donc un formidable pollinisateur qu’on ne doit pas chasser du revers de la main, mais estimer et protéger surtout, qu’en général, c’est un insecte assez inoffensif et peu piqueur sauf dans les cas extrêmes où il se sent en danger ou que la colonie est menacée.

Tout comme les populations d’abeilles, celles des bourdons déclinent chaque année du fait de l’agriculture intensive, grande consommatrice de pesticides. Il est donc essentiel de protéger leur environnement en semant leurs fleurs préférées telles les capucines, la bourrache, les roses trémières, le romarin, la lavande, le trèfle, la consoude, la digitale et, de grâce, laissons-leur des pissenlits !