Aujourd’hui à l’aube du 21e siècle, tous les habitants de notre bonne vieille planète connaissent depuis peu l’essentiel des pollutions auxquelles ils sont soumis chaque jour.

Même si les sciences et les moyens d’investigation deviennent de plus en plus performants, on ne connaît pas encore tous les effets et conséquences sur la santé, voire l’évolution de l’espèce humaine.

Ainsi, nous avons tous entendu parler des gaz à effet de serre (GES) dont sont responsables les gaz d’échappement, les émissions de fumées mal ou pas contrôlées issues de l’usage industriel de techniques dépassées, de production d’énergie d’un autre âge, tirés de matériaux fossiles. D’autres savent ce que représentent les émissions de méthane provenant du stockage des déchets ménagers, du traitement des déchets agricoles, de la réaction digestive des êtres vivants en particulier des ruminants.

Mais au Québec comme ailleurs connaît-on aussi bien les « pollutions naturelles » auxquelles sont soumis nos organismes? Certes les risques encourus par ces pollutions ne sont pas à la même échelle que celles citées plus haut, mais ils existent. Prenons l’exemple des radiations naturelles ou rayonnements ionisants naturels que l’on peut répartir en deux catégories : cosmiques pour tout ce qui vient d’ailleurs et telluriques pour ce qui vient de ce que l’on a sous les pieds. Alors nous parlerons succinctement de ces dernières et de leur importance dans notre environnement.

Le Canada est considéré comme un des plus anciens boucliers précambriens (~ 4 milliards d’années) formant l’essentiel du socle continental constitué presque essentiellement de roches granitiques, roche cristalline omniprésente dans la vie sociale et économique de notre Région.

Cette roche, de par l’origine de sa formation, a la particularité de rassembler feldspath, quartz et parfois certains minéraux radioactifs contenant de l’uranium. Or ce métal, faiblement radioactif, produit du radium qui après désintégration naturelle produit un gaz lourd reconnu cancérigène chez l’humain : le radon 222. Le cancer du poumon représente le seul effet connu sur la santé causé par le radon, risque particulièrement élevé chez les fumeurs. Le radon migre du sol vers la surface et ses concentrations sont généralement faibles dans l’air extérieur. Dès l’instant que les fondations, même dans les habitations récentes, ne sont pas toujours de meilleure qualité, tout laisse à penser que l’on retrouve ce gaz inodore, incolore dans les sous-sols où il pourrait atteindre des niveaux significatifs. Il faut se rappeler que le radon se retrouve partout en importance variable selon la composition géologique du sol. Il est donc difficile d’identifier les endroits où se retrouvent les concentrations les plus élevées, mais le Ministère des Ressources Naturelles, après des études extrêmement précises sur l’ensemble de la Région, a identifié des secteurs présentant des concentrations plus élevées en uranium et par ce fait même considère que certaines zones habitées de notre secteur sont plus propices à l’émission de radon comme Fontainebleau, La Patrie, Sainte Cécile, Saint Sébastien, Stratford, Scotstown. Actuellement quelques appareils pratiques et peu onéreux sont disponibles sur le marché. Sachez qu’il n’y a pas d’excès de cancer du poumon signalé sur l’ensemble de la zone étudiée. Alors même s’il est inutile de s’alarmer, il a paru nécessaire d’informer nos lecteurs et l’ensemble des citoyens que notre journal permet de joindre chaque mois, et vous faire part des conseils suivants :

Si vous-même et/ou les membres de votre famille, passez beaucoup de temps dans votre sous-sol, prévoyez d’aérer correctement cette partie d’habitat soit en ouvrant les fenêtres le plus souvent possible, soit en mettant régulièrement en route l’extracteur d’air.

Si vous projetez la construction de votre futur habitat, pensez à vérifier le degré de risque s’il subsiste un doute, il existe un moyen peu coûteux qui consiste à disposer une membrane de polyéthylène sous la dalle de votre sous-sol. D’autres solutions sont disponibles en cas de niveau élevé de radon.

Si vous voulez vous rassurer ou si vous avez des doutes, prenez contact avec votre municipalité qui pourrait vous aider à trouver la solution adaptée pour effectuer les mesures qui vous permettront de mieux évaluer votre situation.

Dans tous les cas, renoncer à la cigarette représente la première étape à suivre.

N’hésitez pas à m’appeler si vous ne trouvez pas les réponses aux questions que vous vous posez.

Pour plus d’information : http://canadiensensante.gc.ca/security-securite/radiation/radon/home-test-maison-fra.php

N.B.: Merci au Dr Fabien Gagnon de la Direction de santé publique de l’Estrie, pour sa collaboration à la préparation de cette chronique. Merci à M.Marc Beaumier géologue au Ministère des Ressources Naturelles du Québec pour son aide et son apport technologique dans l’évaluation et la localisation des zones de l’Estrie.

Gérard Declerck
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