La société d’État RECYC-QUÉBEC a rendu publique l’étude sur les sacs d’emplettes fondée sur l’analyse du cycle de vie (ACV). L’étude, réalisée par le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), présente les impacts environnementaux des sacs dits « jetables » (plastique mince et papier) et des sacs dits « réutilisables » (plastique résistant et tissus). Cette étude vise à aider les décideurs à se positionner quant à bannir ou non les sacs de plastique dits « jetables ». Le portrait n’est pas simple dans le merveilleux monde des innombrables types de sacs. Voyons la situation de plus près.

Tout d’abord les sacs dits « jetables ». Parmi les sacs en plastique jetables, celui qui est le plus mince et que l’on retrouve généralement à la pharmacie, à l’épicerie ou chez Korvette semble un bon choix : il est celui qui a le moins d’impacts environnementaux lorsque l’on considère toutes les étapes de sa production. De plus, même s’il est jetable, on s’en sert souvent une deuxième fois comme sac-poubelle. Mais cela ne change pas qu’il finit vite dans l’environnement et que sa dégradation très lente est à la source de la persistance du plastique dans l’environnement, ce qui est néfaste pour la faune terrestre et marine : un sac en plastique prend plus de 400 ans à se dégrader dans la nature!

D’autre part, il y a les autres sacs jetables en plastique plus épais, ou qui mélangent plastique et matière végétale dans leur fabrication (on les dits biodégradables ou compostables). Et il y a les sacs en papier. Tous ces sacs ont un impact élevé sur l’environnement lorsque l’on considère toutes les étapes de leur fabrication.

Sacs de sacs ou sac de noeuds? Photo par Yves Lirette

Enfin, certains commerces prétendent que le sac de plastique épais peut servir plusieurs fois. Afin que ces sacs épais aient le même impact environnemental que les sacs de plastique mince, il faudrait les utiliser entre 3 et 6 fois pour transporter ses emplettes.

Jusqu’à maintenant, une soixantaine de pays ont réglementé l’utilisation des sacs de plastique. Quelque 300 villes ont agi pour réduire la consommation de sacs à usage unique. Rappelons que chaque année, environ un billion de sacs sont utilisés à travers le monde; environ 380 milliards aux États-Unis, 100 milliards en Europe et 3 milliards au Canada. La plupart préfèrent bannir les sacs minces et taxer les autres sacs pour encourager la réutilisation et le recyclage.

Maintenant, les sacs dits « réutilisables » : ils sont généralement plus grands et plus robustes que les sacs jetables. Ils sont souvent vendus un dollars et plus. Pour être équivalents ou meilleurs que les sacs jetables, les sacs réutilisables doivent servir minimalement entre 35 et 75 fois. Le sac en coton étudié n’est pas recommandé, nécessitant plus de 100 utilisations pour que son impact soit équivalent à celui du sac en plastique jetable mince.

L’Association canadienne de l’industrie des plastiques (ACIP) s’est empressée de déclarer que « La science a parlé en faveur du sac en plastique conventionnel ». Cette affirmation est plutôt réductrice, voire simpliste. En fait, le meilleur sac est celui qu’on n’utilise pas! Mais, pour préserver l’environnement, l’examen des conclusions du rapport nous amène plutôt à privilégier les sacs réutilisables et à s’en servir « à toutes les sauces », le plus longtemps possible. Les sacs réutilisables sont résistants et peuvent facilement durer plusieurs années en usage fréquent. Toutefois, si l’on est « pris » avec un sac de plastique jetable, il faut le considérer comme un sac réutilisable et s’en servir le plus souvent possible avant de le transformer en sac-poubelle.

Sac en plastique ou sac en papier? En fait, la question est mal posée, car il faut opter pour un sac réutilisable et uniquement lorsqu’un sac est absolument nécessaire. Citons d’ailleurs les recommandations de RECYC-QUÉBEC :

  • Ne pas utiliser de sac demeure la meilleure option en tout temps.
  • Si vous avez absolument besoin d’un sac, utilisez les sacs réutilisables que vous avez déjà lorsque vous faites des emplettes. Plus vous les utilisez souvent, plus vous contribuez à réduire leur impact environnemental