Cet automne, ils étaient près d’une centaine. Telles des oies sauvages, les dindons picoraient le champ de maïs d’Aldéï à la recherche de grains perdus. Le froid les a peu à peu dispersés et forcés à se retrancher à l’orée du bois plus près de leur refuge nocturne. Les dindons sauvages dorment haut perchés dans les arbres.

Aujourd’hui, ils déambulent sur les terrains du centre-ville par groupe de quatre ou cinq. Le mâle à tête bleu et rouge, à barbe noire émanant de sa poitrine, marche d’un air hautain derrière les femelles qui glougloutent et des petits nés au printemps dernier. Ils s’attardent sur le gazebo de Stéphan, passent derrière la grange des Carrier, franchissent le ruisseau gelé chez France, sous le regard craintif des chevaux, montent la côte chez Judy et traversent imprudemment la route 263, pour aller manger chez Adèle, invités… ou non. Attention automobilistes !

Certains dindons privilégient la campagne jacquoise, ils ont été vus dans les rangs 3, 4 et 7 jusqu’aux terres de Saint-Julien. Bref, ils sont partout et beaucoup.

Photo par Charlie McKenzie

Le long parcours du dindon sauvage
Avant l’arrivée des Européens sur la côte atlantique, le dindon sauvage peuplait abondamment le sud de l’Ontario, l’est des États-Unis, du nord au sud, et le Mexique.

Cependant au 18e siècle le dindon sauvage devint une source importante de nourriture pour ces nouveaux immigrants qui le chassèrent sans limites de temps et d’espace provoquant une forte diminution des populations de dindons. Les coupes forestières visant à créer des terres agricoles et le bois de construction ont grandement perturbé son habitat et contribué davantage à son déclin. Au début 20e siècle, ils étaient environ 30 000.

L’arrivée au Québec
Les premières observations de dindons sauvages au Québec datent de 1976. Ils sont le fruit de l’expansion de leur population dans les États de New York, du Vermont, du New Hampshire et du Maine. En effet, à la suite du succès de la réintroduction du dindon sauvage dans ces régions, leur nombre s’est considérablement accru et ils ont dû se disperser pour se nourrir. C’est pourquoi certains d’entre eux ont commencé à coloniser le sud du Québec, territoire propice et encore inoccupé. Ces dindons se sont reproduits et une population s’est peu à peu constituée.

Et c’est ainsi que les dindons sauvages occupent de plus en plus nos villes, villages et campagnes.

Source: Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs et Sécurité nature.