Par Sylvie Veilleux

Que s’est-il passé dans les bureaux de la municipalité de Stornoway depuis la démission, en mars 2012, de madame Sylvie Gauthier, directrice générale soupçonnée alors de fraude contre la municipalité, condamnée, le 24 mai dernier, à deux ans moins un jour d’emprisonnement dans la collectivité ? Est-ce que tout est en place pour éviter une telle situation ?

Ce sont deux femmes en contrôle de la situation que nous avons rencontrées à l’hôtel de ville de Stornoway, municipalité de 530 habitants. Mme Simone Grenier, directrice générale par intérim depuis mars 2012, et Mme France Dumont, secrétaire administrative travaillent ensemble depuis un an. Elles se partagent les opérations comptables qui sont organisées en complémentarité. Cette façon de faire a été établie rapidement dans les mois qui ont suivi la découverte de la fraude. On a même revu l’aménagement du bureau : les deux personnes responsables de l’administration s’entendent et se voient.

Mme Grenier a aussi suivi plusieurs formations pour mieux exploiter les applications du système informatique de gestion Sygem. « On produit des rapports officiels ce qui se faisait peu à l’époque. Plusieurs documents étaient faits maison et il était difficile de retracer certaines informations. » Maintenant, toutes les opérations comptables sont informatisées.

Deux femmes en contrôle de la situation: Mme Simone Grenier, directrice générale et Mme France Dumond, adjointe administrative de la municipalité de Stornoway. Photo par Sylvie Veilleux

Plusieurs postes budgétaires ont été reclassés afin de faciliter leur repérage. Les rapports, plus logiques et fidèles à l’esprit comptable, sont remis aux membres du Conseil municipal qui les utilisent comme outils de suivi. Une nouvelle base de données pour les comptes clients a été créée en janvier 2013 pour, entre autres, repartir à neuf dans le suivi du paiement des impôts fonciers par les contribuables. L’émission de factures et la remise de reçus sont obligatoires et automatiques pour toute forme de revenus municipaux perçus : photocopies, locations de salle, paiement des impôts fonciers. « Toute opération effectuée laisse une trace dans le système », ajoute Mme Grenier.

Formée en comptabilité, la directrice générale a grandement contribué à l’amélioration de la comptabilité de Stornoway. Elle a mis en place des mesures de suivis des opérations comptables. Mme Grenier s’est assuré aussi qu’elles soient appliquées avec rigueur et comprises par le Conseil municipal. Quant à son adjointe actuelle, Mme Dumont détient un DEC en comptabilité et gestion. Rien de surprenant donc que dans cette municipalité de 530 habitants, toutes les dépenses soient scrutées à la loupe dont les dépassements salariaux qui, lorsqu’autorisés apparaissent distinctement dans le système.

Au sortir de cette expérience douloureuse, Mme Grenier exhorte les dirigeants des municipalités à déposer des plaintes au criminel contre le personnel municipal fraudeur. « Il faut le faire pour éviter qu’ils poursuivent leur route en fraudant ailleurs. Il ne faut pas oublier que nous gérons de l’argent public. » En plus de la perte de 122 000 $, montant de la fraude, il en a coûté 53 000 $ à Stornoway en frais d’avocat et autres pour reprendre le contrôle de la situation et regagner la confiance des citoyennes et des citoyens.