À tous nos lecteurs et à toutes nos lectrices qui, depuis nombre d’années, lisent notre magnifique journal, dont le nom est Le Cantonnier. Combien d’entre nous savent vraiment ce qu’est un « cantonnier » ? J’ai trouvé dans un rapport du ministre de la Voirie, daté de 1927 et signé par le ministre M. J.-L. Perron, la définition de ce qu’est un « cantonnier ».

« Si une municipalité a une longueur suffisante de chemins à améliorer, nous y nommons un cantonnier. Il faut généralement une dizaine de milles. Si les chemins d’une municipalité ne forment pas une section raisonnable, nous groupons deux ou trois municipalités ensemble. Dans ce cas, le cantonnier aura, s’il en a besoin, une aide pour chaque municipalité, et il emploiera la main-d’œuvre locale de façon que chaque village ou paroisse, non seulement, ait ses chemins entretenus gratuitement, mais bénéficie de tout l’argent dépensé dans leurs limites. Cela s’applique non seulement aux chemins municipaux ordinaires, mais aux grandes routes également. Nous avons employé 700 cantonniers l’été dernier.

Avec leur aide, nos cantonniers forment une véritable armée au service de la voirie. Sur certaines grandes routes, nous avons nommé des cantonniers-chefs, qui ont sous leur juridiction jusqu’à dix cantonniers ordinaires et qui surveillent de 40 à 70 milles de chemins. Le cantonnier-chef est le meilleur agent de liaison entre le cantonnier et l’ingénieur de division et il donne à l’entretien cette uniformité de méthodes et de résultats qui devient de plus en plus indispensable. Son emploi tend à se généraliser.

Il est inutile de revenir sur ce que nous attendons d’un cantonnier. C’est la main qui fait tourner la roue. Le cantonnier fait sa section bonne ou mauvaise, suivant qu’il est compétent ou qu’il ne l’est pas, suivant qu’il est actif ou indolent.

Le cantonnier trouve dans ses fonctions matière à exercer toutes ses facultés et à faire valoir ses bonnes et ses mauvaises qualités. La route est l’image du cantonnier, peut-on dire. Aussi, le cantonnier jouit-il d’une grande confiance, mais il est en même temps soumis à un contrôle exigeant. L’ingénieur fait périodiquement, à date fixe, rapport du travail de chacun de ses cantonniers. Ce travail est examiné et étudié dans tous ses détails. Chaque cantonnier est pesé et pour ainsi dire retourné en tous sens. Si son travail n’est pas satisfaisant, il est remplacé. »

Voilà. En espérant, dorénavant, que vous direz que notre journal n’est pavé que de nouvelles enrichissantes…