Guy_ToupinDéjà de notoriété publique à la suite de sa participation à la populaire émission «Trouvailles et trésors» diffusée sur le canal Historia, le conservateur Guy Toupin n’a pas tardé à se révéler dans notre région qu’il a manifestement adoptée lors de sa prise de retraite, eu égard aux nombreuses causes qu’il a épousées depuis 2011.

Conçu à Disraeli mais natif de Saint-Georges-de-Beauce, Guy Toupin a vécu toute son enfance et adolescence à East-Broughton. Après avoir fréquenté le CEGEP de Thetford-Mines, il obtiendra un baccalauréat en histoire de l’UQTR, puis une maîtrise en Études québécoises. Enfin, il atteindra le grade de docteur en histoire canadienne à Laval. Voilà un cheminement prédestinant à l’enseignement, mais un concours de circonstances vers 1975 viendra illuminer tout ce curriculum : il a la chance de devenir un assistant de recherche de l’ethnologue Lionel Séguin. Événement déclencheur qui déterminera tout son avenir où il pourra allier compétence et passion : il sillonnera pendant plusieurs années la province à la recherche et à la documentation d’objets de valeur patrimoniale. Il développera alors une connaissance d’expert qui en fera notamment un candidat de valeur pour un poste de conservateur au nouveau Musée de la Civilisation de Québec.

À compter de 1989, au sein d’une équipe de conservateurs, il sera responsable de la documentation de la collection muséale qui comptait quelque 600 000 objets lors de son départ à la retraite en 2011. Guy Toupin explique qu’un conservateur, généralement rattaché à un musée, est un visionnaire capable de repérer et d’acquérir les objets de valeur patrimoniale, de les documenter, et de s’en rendre le présentateur.

Souvenirs
Invité à identifier un haut fait de sa carrière, Guy rappelle une visite à la Maison Jourdain-Fiset sise dans le Vieux-Québec au cours de laquelle il put reconnaître et documenter 2 900 objets constituant par la suite un des plus beaux fonds de la bourgeoisie coloniale. Sa plus grande déception est «d’avoir échappé» les collections des communautés religieuses faute de la collaboration du ministère des Affaires culturelles. Enfin, son souvenir le plus drôle se réfère à un repas pris au réfectoire du Séminaire de Québec au cours duquel il fut totalement surpris par les ustensiles quotidiennement utilisés dont la fabrication de très haute qualité provenait d’un orfèvre québécois du XVIIe s.

Retraite
Prendre sa retraite, ce n’est pas arrêter d’agir, mais c’est plutôt de re-traiter (repenser) sa vie et son avenir. Voilà qui s’applique très bien à notre conservateur qui s’est trouvé une oasis de paix dans la région de Sainte-Praxède. Les gens du milieu n’ont pas mis de temps à reconnaître les nombreuses possibilités que cet étranger au parcours professionnel particulier offrait.

«J’ai été très bien accueilli… Je travaille à la grandeur de la MRC où il y a des besoins criants au niveau du patrimoine», révèle-t-il. «Il faut se trouver des alliés partout; mes journées sont remplies de surprises et ça me fait plaisir»… «C’est le milieu qui doit s’occuper de son patrimoine… On aide les gens à conserver le patrimoine».

Il a évidemment adhéré aux activités de la Société historique locale dont il est devenu le président. Il est en outre vice-président du comité organisateur des fêtes du 150e anniversaire de la communauté en 2017. On y planche particulièrement sur la réalisation d’un livre-mémoire de l’événement ainsi que sur la présentation de six expositions thématiques. Beaucoup de gens ont pu récemment le rencontrer puisqu’il s’est impliqué dans le montage de quelques expositions en compagnie d’un féru des antiquités, Jacques Rousseau.

Guy Toupin estime être arrivé un peu en retard à Disraeli parce que certains édifices patrimoniaux ont été détruits. «On part de loin… mais ça commence à bouger». «On ne sensibilise pas nos jeunes au patrimoine… On a un devoir de transmission». «On n’est pas pire… mais on n’est pas mieux…»!