Son sourire dissimule des souvenirs qu’elle n’arrive plus très bien à dire. À 102 ans, le 26 mai prochain, madame Noëlla Beaudoin Bellegarde a droit à ses secrets. Elle vit des jours plutôt paisibles, dans sa jolie chambre de la Résidence René Lavoie, ponctués de visites de sa tendre amie Fernande, de sa sœur Thérèse, de sa nièce Gisèle et de son petit fils Danny. Pour calmer des moments d’anxiété, elle berce une poupée qu’elle a tout de suite nommé Patricia, et qui rit quand on la touche.  Elle aurait bien aimé avoir une fille. Elle n’a eu qu’un fils Gilles décédé subitement à 60 ans.

Photo par Dominique Langevin

Madame Beaudoin, bien que née à St-Ephrem en Beauce, est déménagée à Disraeli rue Champlain après avoir épousé son mari Ovila Bellegarde. Il travaillait à la « fabrique de meubles »( Shermag)

Sa cuisine sentait bon la soupe et les desserts et attirait les enfants et les voisins. Sa maison était décorée d’oiseaux qu’elle bricolait.  Il y en avait partout. Noëlla a tissé, cousu, tricoté et brodé draps, nappes, napperons, taies d’oreillers et tabliers. Membre de l’AFEAS, elle a tricoté une centaine de bonnets pour les poupons de l’hôpital de Thetford.

Madame Bellegarde est  une de ces femmes qui ne «font» pas l’histoire mais qui « sont » l’histoire. Une grande artisane, sans aucun doute.

Bonne anniversaire Noëlla !