Mathieu Benoît et Carol Jacques, techniciens des eaux potables et usées à l’emploi de la Ville; Sébastien Paquet, directeur de constructions chez Constructions de l’Amiante inc.; Jacques Lessard, maire de la ville de Disraeli; Ghislain Bolduc, député du comté de Mégantic; Sébastien Martel Anesse, gérant de projets et responsable qualité ISO chez Constructions de l’Amiante; Sylvain Goulet, directeur des travaux publics de la ville. Photo par Nadeau Photo Solution

Le 18 mai dernier, l’eau potable rejoignait le XXIe siècle à Disraeli. Une usine de filtration toute neuve était inaugurée pour, enfin, mettre aux normes les infrastructures d’approvisionnement en eau potable de la ville. Nombreux furent les citoyens à venir s’informer du fonctionnement de ce bijou d’ingénierie, de ces installations qui améliorent leur quotidien.

Nanofiltration. Photo par Yves Lirette

Comment en est-on venu à réussir le tour de force de transformer une eau jaunâtre, souvent pleine de dépôts noirâtres, répugnante à boire, une véritable engeance pour la lessive ? La chose est, bien sûr coûteuse, mais aussi complexe, comportant plusieurs étapes que nous explique M. Carol Jacques, technicien en eau potable et eaux usées.

Tout d’abord, l’eau de la nappe phréatique est collectée dans un réservoir attenant à l’usine. Cette eau naturelle est de coloration jaune, due à la décomposition de la végétation qui teinte l’eau qui s’infiltre dans le sol. Elle est aussi chargée de manganèse. Comme nous l’indique Santé Canada : « La présence de cet élément dans les approvisionnements d’eau est indésirable pour plusieurs raisons. Le manganèse tache les éléments de plomberie et les tissus ; de plus, en fortes concentrations, il donne mauvais goût aux boissons. Il peut causer des problèmes dans les réseaux de distribution en y favorisant la croissance de micro-organismes. Le manganèse peut former dans la tuyauterie des dépôts qui peuvent se présenter sous la forme de précipités noirs ». Ensuite, cette eau brute est pompée dans l’usine pour traverser la première filtration, une filtration membranaire qui débarrasse l’eau de son manganèse. En deuxième étape, l’eau passera à la nanofiltration pour enlever le reste des particules et minéraux qu’elle pourrait encore contenir. Cette eau, devenue claire, connaîtra un troisième traitement à l’ultra-violet pour en éliminer les contaminants, bactéries et pathogènes indésirables. Enfin, norme oblige, l’eau sera chlorée pour en assurer une qualité irréprochable. Ces installations, à la fine pointe de la technologie, sont automatisées et filtrent 75 mètres cubes d’eau à l’heure, tout en assurant une autonomie de 8 h à 10 h d’approvisionnement. Notons également que la salubrité de l’eau est vérifiée chaque semaine par l’analyse de deux échantillons d’eau.

Filtration membranaire. Photo par Yves Lirette

Ce « coup de baguette magique » pour changer l’eau sale en eau « pur délice » aura nécessité des investissements de près de 5 millions de dollars, dont 3,6 millions provenant du gouvernement du Québec, et quelques années de durs labeurs. L’eau du XXIe siècle coule maintenant des robinets de Disraeli. Bien sûr, il pourrait encore apparaître des dépôts noirâtres dans l’eau, car, si l’usine est parfaite, le réseau de distribution ne l’est pas. Il s’y cache encore des concrétions qui, sous un choc de pression, peuvent être relâchées dans l’eau. Cependant, au fil du temps et des rénovations, ces inconvénients devraient s’estomper.