Alors, soyez patient… patient… patient… vous n’êtes pas seuls !

Le ministère de la Santé et des Services sociaux vient de dévoiler les dernières données concernant les temps d’attente pour un médecin de famille au Québec. De mars 2018 à mars 2019, le nombre de Québécois inscrits au guichet d’accès pour un médecin de famille augmente sans arrêt et le temps d’attente y est de plus en plus long. Le nombre a augmenté en moyenne de 26 %, passant de 428 000 à 541 000 personnes au Québec.

Le temps d’attente, lui, pour les malades considérés « urgents — pressants — prioritaires », a augmenté de 16 %, atteignant 309 jours en moyenne. Et si vous êtes un Québécois sans trop de problèmes de santé, il vous faudra attendre plus de 400 jours, soit une augmentation de 27 %.

Sommes-nous plus choyés en région ? Pas du tout ! En Chaudière-Appalaches, le nombre de citoyens en attente d’un médecin de famille a bondi de 65 % et en Estrie, de 36 %. Finalement, il n’y a qu’au Saguenay et en Outaouais que ce nombre a diminué (- 8 %). Si vous êtes assez « chanceux » pour être un cas « urgent — pressant — prioritaire », votre temps d’attente n’aura augmenté que de 45 % en Chaudière-Appalaches et que de 13 % en Estrie… Par contre, si votre cas n’est pas urgent, votre temps d’attente aura aussi augmenté de 45 % en Chaudière-Appalaches, mais de 38 % en Estrie !

Pourquoi une telle situation après tous ces millions investis ? Il semblerait que les nouveaux médecins travaillent moins d’heures que leurs confrères plus âgés, qu’il manque de médecins, bien sûr, surtout en région, que les départs à la retraite sont actuellement très nombreux, et que sais-je encore…

Désespérée de voir les médecins répondre un jour à la demande, la ministre de la Santé, Danielle McCann, pense que la solution passe par une augmentation du nombre de médecins et une révision du mode de rémunération des médecins, mais, surtout, « qu’il faut aller vers d’autres avenues : moderniser la pratique de la médecine de famille et déléguer davantage à d’autres professionnels, comme les infirmières ». Vivement alors les infirmières praticiennes spécialisées !

En attendant, patience… patience… patience !